St. Stephen and St. Vincent’s Parish (1967)
Arrondissement de La Cité
2160, rue Marie-Victorin
Projetée dès 1960, la construction du lieu de culte de St. Stephen
débute le 30 juillet 1967 et la première messe y est célébrée
peu avant Noël 1967. Cette chapelle moderne, d’une capacité
de 306 personnes, serait vraisemblablement l’œuvre des architectes
Gérard Venne et Roger Thibault, qui travaillent sous la raison sociale
de Venne & Thibault, comme le montre un dessin du mobilier liturgique
conservé aux Archives nationales. Gérard Venne est actif à
Sillery car il a participé à la conception du lotissement du
parc Falaise (1948) et réalisé l’hôtel de ville
(1965).
Le modeste lieu de culte possède à peu près le même gabarit que les habitations de ce quartier résidentiel, où,comme le veut alors la tendance en architecture religieuse, il s’intègre tout en se distinguant par son implantation parallèle à la rue Marie-Victorin, le chœur s’en trouvant ainsi orienté. Le bâtiment de plan allongé est pourvu de petits volumes en saillie sur chaque mur latéral qui rappellent la position traditionnelle du transept. L’église est basse, sans sous-sol, et revêtue de brique. En façade, la ligne de l’ample toit à deux versants évasés s’interrompt près du faîte pour faire place à une croix tenant lieu de clocher. Comme sur la façade arrière, d’étroites ouvertures de différentes hauteurs rythment la surface et donnent au bâtiment un caractère géométrique moderne. Le portail en aluminium anodisé débouche sur la nef, structurée par une charpente apparente en bois lamellé-collé, à l’exemple de maintes églises des années 1960. Dans ce cas-ci, cependant, la charpente est en partie cachée par deux larges panneaux blancs dans lesquels sont encastrés les luminaires, une disposition qui remonte à la construction de l’édifice et dont rend compte une photographie publiée dans le Quebec Chronicle Telegraph. Les murs intérieurs sont de blocs de ciment coloré et le chœur, à peine surélevé, est dominé par d’étroites baies faisant office de retable et entre lesquelles est posé un Christ en croix. Répartis sur les longs pans, des vitraux datés de 1984 à 1988 sont signés O. Ferland et Dorothy Dart. Le chemin de croix sculpté sur bois, qui porte la signature de Max Harvey, aurait été installé en 1977.
L’édifice
cultuel est en bon état, si l’on excepte les dalles de béton
des entrées latérales. D’architecture modeste et sans
prétention, l’église de St. Stephen and St. Vincent possède
une valeur patrimoniale communautaire, valeur que renforce son emplacement
retiré dans la trame du quartier, au bout de la rue Marie-Victorin
et adjacent au parc du Buisson.
Hélène
Bourque

