Dès son arrivée en Nouvelle-France, Mgr de Saint-Vallier projette
de fonder un hôpital général pour l’accueil des personnes
démunies. C’est à cette fin qu’il achète des
Récollets, en 1692, le couvent et l’église de Notre-Dame-des-Anges
ainsi que « les terres qui en dépendent » (Oury, 1993, 66).
L’établissement qui a été reconstruit en 1670 est
situé à la campagne, à une demi-lieue de Québec,
dans la vallée de la rivière Saint-Charles.
En 1693, l’évêque confie la direction de l’institution à quatre augustines, détachées de l’Hôtel-Dieu de Québec. Les religieuses se consacreront au soin des vieillards, des pauvres et des invalides. Plus tard, elles accueilleront aussi les « aliénés » (jusqu’en 1845) et les prostituées, en plus d’ouvrir un pensionnat pour jeunes filles.
Séparées officiellement de l’Hôtel-Dieu en 1699, les sœurs de l’Hôpital-Général désirent aussi une autonomie paroissiale. Elles souhaitent que les dîmes prélevées sur leurs terres, jusque-là versées au « Sieur curé de Québec », servent plutôt « à la subsistance du curé chapelain qui seroit chargé du soin des pauvres et domestiques du d. hopital general » (AAQ, copie de l’acte du 18 septembre 1721).
La « très humble prière » faite par les religieuses auprès des « messieurs du Séminaire » est favorablement reçue : le 18 septembre 1721, on détache de Notre-Dame-de-Québec « l’église de Notre-Dame-des-Anges, l’hôpital et les terres circonvoisines, pour les ériger en une petite cure » (St. Félix, 1882, 698). Le décret, signé par les directeurs du Séminaire et contresigné par Mgr de Saint-Vallier, précise que la cure de Québec cède tous ses droits de juridiction et de dîmes « sur les pauvres, terres, domestiques, du dit hopital general dès maintenant et pour toujours au profit tant d. dit hopital general que du chapelain curé qui y sera mis [...] » (AAQ, op. cit.). On confirme la nouvelle division religieuse, appelée Notre-Dame-des-Anges, par un arrêt du Conseil d’État du Roi, en 1722.
La paroisse de Notre-Dame-des-Anges est toute petite et ses paroissiens sont essentiellement les pensionnaires et les domestiques de l’Hôpital-Général (Oury, op. cit., 167). Selon l’aveu et dénombrement de 1736, la propriété des sœurs comprend 106 arpents de superficie en labour. On y trouve une grange, une maison et une étable (cité dans Morisset, 2000, 18).
Avec le temps, les religieuses se départissent de la majeure partie de leurs terres. Aujourd’hui, la paroisse de Notre-Dame-des-Anges se limite à l’enceinte de l’Hôpital-Général de Québec.
Louise Côté
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Bibliographie
Archives de l’archidiocèse de Québec (AAQ). Copie de l’acte du 18 septembre 1721, Registre de l’évêché de Québec « C », 1710-1783, p. 126 vo et 127 ro.
Morisset, Lucie K. Patrimoine du quartier Saint-Sauveur. Histoire de la forme urbaine. Québec, Ville de Québec, avril 2000.
Noppen, Luc, Morisset, Lucie K. Foi et patrie. Art et architecture des églises à Québec. Québec, Publications du Québec, Ville de Québec et ministère de la Culture et des Communications, 1996.
Noppen, Luc, Morisset, Lucie K. Lieux de culte situés sur le territoire de la ville de Québec. Fiches analytiques-1. Québec, Ville de Québec, 1994.
Oury, Guy-Marie. Monseigneur de Saint-Vallier et ses pauvres 1653-1727. Sainte-Foy, Les Éditions La Liberté, 1993.
[Sœur St-Félix ]. Monseigneur de Saint-Vallier et l’Hôpital-Général
de Québec [...]. Québec. G. Darveau, 1882.