La paroisse de Saint-Grégoire-de-Montmorency (1890)



Au début du XIXesiècle, la construction de l’importante scierie Patterson-Hall, au pied de la chute Montmorency, entraîne la formation d’une petite agglomération ouvrière. Comme la population s’accroît dans la seconde moitié du siècle, le curé Grégoire Tremblay s’inquiète :l’éloignement de l’église de Beauport nuit à la pratique religieuse des « cent et quelques familles du Bas du Sault » (Lortie, 1983, 86). Le pasteur décide donc d’y établir une mission dès 1869. 

Une manufacture désaffectée, située au pied de la côte de Courville, sert de lieu de culte. Le copropriétaire de la scierie, George Benson Hall, la cède gracieusement à la paroisse de Beauport. L’acte officiel de cession sera signé plus tard, le 24 juin 1888, par les héritiers Patterson (Ibid.). Dès juillet 1869, le curé y installe un tabernacle et des statues de la Sainte Vierge, de saint Joseph et de sainte Anne. Le sanctuaire porte le nom de Notre-Dame-de-Miséricorde (Fortin, 1989, 50). Dès novembre 1870, le curé Tremblay vient y célébrer la messe au moins deux dimanches par mois. La chapelle s’enrichit de vases sacrés, d’un chemin de croix et d’un harmonium Stein, avant d’être agrandie en 1876 (Ibid.). 

En janvier 1889, les habitants du Bas du Sault de-mandent un prêtre résident, mais l’archevêque de Québec hésite puisque la population n’augmente plus beaucoup. L’implantation d’une filature de coton au pied de la chute, en cette année 1889, le fait changer d’avis ; elle attirera nécessairement de nouveaux résidents. Un desservant officiel est nommé dès mai1890 et le 31 décembre la mission est érigée canoniquement en desserte sous le nom de Saint-Grégoire en l’honneur du curé fondateur (Ibid.,54).

La desserte est limitée par le fleuve Saint-Laurent, la rivière Montmorency, la ligne séparant les terres de « Madame veuve J. B. Garneau [et de] Monsieur Pierre Rainville » et le sommet de la première falaise (Ibid.). Au moment de la création de Saint-Louis-de-Courville en1910, on détachera 106 arpents de Saint-Grégoire pour les donner à la nouvelle paroisse. 

Chargé de trouver un terrain pour l’église, le nouveau curé Ruel n’a pas la tâche facile puisqu’aucun cultivateur ne veut céder une partie de ses terres. Après plusieurs démarches infructueuses, il réussit finalement à obtenir « la prairie de Monsieur Edouard Vachon ». Au printemps1891, on y délimite le cimetière, puis on entreprend les travaux de construction du presbytère. 

En 1894, la chapelle « pratiquement construite sur la grève » tombe en ruine, « par ses mauvaises fondations minées par l’eau ». Il faut tout de même attendre encore trois ans avant que débutent les travaux de construction de l’église. Lorsque celle-ci ouvre ses portes en 1898, la vieille chapelle est rénovée et reconvertie en immeuble d’habitation. On y conserve une salle, nommée Saint-Grégoire, qui servira aux assemblées, réunions publiques et représentations théâtrales (Ibid.,67). 

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la désaffection des fidèles et la diminution des effectifs du clergé entraînent une refonte de la carte paroissiale. En 2001,Saint-Grégoire-de-Montmorency, Saint-Louis-de-Courville, Saint-Thomas-de-Villeneuve et Sainte-Marguerite-Marie-de-Boischâtel fusionnent pour former la nouvelle paroisse de La Bienheureuse-Marie-Catherine-de-Saint-Augustin.



Louise Côté

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